Malgré leurs difficultés et leur élimination de l'Euro, les Bleus ont fini par attirer les milieux médiatique et économique, ainsi qu'un plus large public.
Proche de dépasser le basket
Portée par l'enchaînement historique des titres de l'équipe de France et malgré un contexte d'austérité, la fédération française a signé deux nouveaux partenariats nationaux, avec Renault Rent pour un sponsoring maillot et Eden Park pour l'habillement. De 180 000 licenciés en 1991, elle en comptabilise 442 000, et talonne le basket-ball, à deux dizaines de mille. «On devrait dépasser le basket après les Jeux de Londres, là où les Bleus sont vraiment attendus»,
prédit Cédric Pouthier, le responsable marketing de la Fédération Française de Handball qui s'est donné comme objectif de devenir le premier sport collectif en salle. Des études réalisées par Sportlabgroup confirment la popularité croissante du handball. Selon la société d'expertise, l'équipe des «Experts» est l'une des équipes préférées des Français, à égalité avec le XV de France. Surtout, 38 % de la tranche d'âge des 15-24 ans, majoritaire sur le média social le plus influent au monde, Facebook, déclarent avoir suivi le handball en 2011 contre 23% pour le basket.

L'attrait de la télévision
Depuis juin 2011 et un contrat signé entre la Ligue nationale de handball (LNH) et la chaîne cryptée, Canal+ détient tous les droits du handball français, des équipes de France jusqu'à la Division 1. Diffusé sur Canal+ Sport, le hand touche un plus large public que lorsqu'il séjournait sur Sport+, chaîne de la Pro A de basket pour 4 millions d'euros par an.
Depuis l'entame de la saison de D1, l'audience moyenne dépasse les 130 000 abonnés, alors que Canal + en espérait entre 80 000 et 100 000. Le classico Chambéry/Montpellier du 22 décembre a réuni en fin de rencontre 400 000 abonnés, un record. Il a été battu vendredi dernier quand le France-Hongrie a réuni 711 000 spectateurs.
Et dans les salles de France, la croissance des affluences ne se dément pas: «à mi-saison, nous connaissons déjà une progression de 16 % par rapport à l'an passé», souligne Etienne Capon, le directeur général de la LNH. «Tous les feux sont au vert», poursuit-il, énonçant l'augmentation du budget médian des clubs de 17%.
Cercle vertueux
A la Ligue comme à la fédération, on insiste sur le regard que les décideurs portent sur les valeurs d' «humilité», de «disponibilité», d'«équilibre» des personnalités du handball. «Elles rassurent les partenaires qui se disent que même en cas de défaite, ces gens sont fiables, qu'ils se protègeront de frasques vécus dans d'autres sports», souligne Cédric Pouthier. «Et le rapport qualité-prix reste abordable, sur un terrain qui n'est pas saturé. Ils préemptent un territoire», renchérit Capon. Ce cercle vertueux pourrait se poursuivre au-delà des Jeux de Londres, le véritable grand rendez-vous de l‘année. A l'horizon 2015-2017, la Fédération sera dotée de son centre national, à l'image de Clairefontaine pour le football et Marcoussis pour le rugby, et organisera le Mondial masculin. Comme nous le confiait Claude Onesta, sélectionneur et «chef du service après-vente» du handball, «pour nous les vagabonds, les roms depuis toujours, on mesure le chemin parcouru.»
source: Le Figaro
